Objectif : avoir un jet-ski, en profiter, et que le business le finance au lieu de le coûter. Le tourisme guidé à Moorea est fermé et n'aurait pas tenu. La location aux résidents à Tahiti, elle, tient.
Ils ont le permis, donc la loi n'exige ni guide breveté, ni convoi, ni ta présence sur l'eau. Ils réservent leur créneau, ils payent tous les mois, ils font leur plein eux-mêmes, et la flotte est la tienne.
Trois exigences : du revenu qui tombe tous les mois, un actif qui se revend, et pouvoir rouler soi-même. Quatre façons de faire du jet-ski ont été instruites.
| Modèle | Récurrent | Actif | Tu roules | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| Randonnée guidée pour touristes, Moorea | non | non | tu es guide, pas pilote | bloqué |
| Location à l'heure aux touristes | non | flotte qui fond | tu es au comptoir | interdit sans permis client |
| Club à abonnement, résidents, Faa'a | oui | les abonnés | oui, c'est ta flotte | retenu |
| Location à l'acte aux résidents | non | flotte qui fond | oui | recette, pas actif |
Vérifié en source primaire : dans tout le Titre II de l'arrêté, celui de la location, les mots « guide », « accompagnateur », « brevet » et « surveillant » apparaissent zéro fois. Ils n'existent qu'au Titre III, celui du convoi. Et le convoi n'existe que parce que le touriste n'a pas le permis.
| Titre II, la location | Titre III, le convoi | |
|---|---|---|
| Le client | doit avoir son permis mer | n'a besoin d'aucun permis |
| Personnel obligatoire | aucun | un guide cumulant deux brevets |
| Machines par sortie | sans limite d'encadrement | quatre par guide |
| Itinéraire | libre, hors zones interdites | soumis à l'avis des communes, refusable |
| Coût annuel du personnel | 0 | 3 780 000 XPF |
| Tu dois être là | non | oui, tous les jours |
Le marché est là : environ 40 000 titulaires du permis mer en Polynésie, dont les trois quarts vivent aux Îles du Vent, face à zéro annonce active de location libre, vérifié sur les deux plateformes locales. Les opérateurs touristiques créent déjà des tarifs « résidents » plutôt que d'y répondre.
Organiser et vendre des excursions relève d'un régime de licence (délibération n° 87-138 AT), avec une garantie financière de 1 M XPF, que la réforme en cours veut porter jusqu'à 10 M. Un loueur de matériel qui n'organise pas d'excursion n'entre pas dans ce périmètre. À faire confirmer par écrit auprès du service du tourisme.
Le comité qui bloque Moorea ne peut naître que d'un plan de gestion du lagon. Seules Moorea et Fakarava en ont un approuvé. Tahiti n'en a aucun.
| Lieu | Situation | Verdict |
|---|---|---|
| Faa'a | Aucun plan de gestion du lagon. Un opérateur de jet-ski établi de longue date, aucune tension relevée. Le plus gros bassin de population de Polynésie. | le meilleur terrain |
| Punaauia | Infrastructure déjà en place (Marina Taina, ponton jet-ski), mais le maire a proposé en avril 2026 un plan de gestion sur le modèle de Moorea. | bon, risque montant |
| Paea, Papara, Taravao, Arue, Pirae | Aucune donnée trouvée, ni favorable ni hostile. | à vérifier sur place |
| Mahina | Commune hostile. | écarter |
| Bora Bora | Réserve Popora Rahui, 574 ha, navigation motorisée interdite depuis fin 2025. | blocage sectoriel |
| Moorea | Avis défavorable systématique du comité de gestion à toute nouvelle activité. | fermé |
Le club de jet-ski à abonnement n'est pas une invention. Il tourne aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Espagne, et Sea-Doo le pratique lui-même sous la marque Subscribe 2Ride, ce qui est la meilleure validation possible : le constructeur ne concurrencerait pas ses propres concessionnaires avec un modèle qui ne marche pas.
| Club | Où | Formule | Prix mensuel | En XPF |
|---|---|---|---|---|
| Subscribe 2Ride (Sea-Doo) | États-Unis | abonnement, adhésion 495 à 1 900 $ | 799 à 999 $ | 82 000 à 102 500 |
| Palma Jetski Members Club | Majorque | sessions mensuelles, pas d'illimité | 370 à 455 EUR | 44 200 à 54 300 |
| New Wave Club | Poole, Royaume-Uni | 12 mensualités, adhésion 595 GBP, dépôt 500 GBP | 235 à 295 GBP | 32 600 à 40 800 |
| Sea Rocket Boat & Jet Ski Club | États-Unis | trois niveaux, adhésion 1 499 à 3 499 $ | 350 à 500 $ | 35 900 à 51 300 |
| JetRide | Floride, 15 bases | illimité sur réservation, bateaux et jet-skis | 349 à 399 $ | 35 800 à 41 000 |
| Sandy Hook Boat Club | États-Unis | membre partagé possible pour 150 $ de plus | 280 à 380 $ | 28 700 à 39 000 |
| Akwa Marina PWC Club | New Hampshire | au forfait de saison, sans frais d'adhésion | 2 950 $ la saison | ~50 500 par mois |
| Eastern Watersports | États-Unis, 5 sites | pass annuel, usage illimité | 499 à 849 $ par an | 51 200 à 87 100 par an |
Nos deux formules sont à 14 900 et 26 900 XPF par mois, soit 125 et 225 euros. Le club le moins cher du panel mondial, Sandy Hook, est à 280 dollars, soit environ 241 euros. Nos deux formules sont donc sous le plancher mondial, et non pas au dessus comme je le craignais.
Nuance indispensable : ce qui compte n'est pas le prix absolu mais son poids dans un budget. Rapportées à un salaire minimum polynésien d'environ 200 000 XPF par mois, ces formules pèsent 7 % et 13 %. En Floride, 280 dollars pèsent nettement moins. Le prix est bas pour un club de jet-ski, il reste un vrai effort pour un ménage local.
Cela ne prouve pas que les Polynésiens paieront ce prix : le pouvoir d'achat local n'est pas celui de la Floride ni de Majorque. Mais cela retire l'idée que le tarif serait déraisonnable en soi, et cela laisse une marge de manoeuvre à la hausse si le test de prix le permet.
Le pass de saison plutôt que l'abonnement de douze mois. Akwa Marina et Eastern Watersports vendent un forfait saisonnier, pas un mensuel. C'est exactement la réponse au problème polynésien : la saison nautique dure de mai à octobre, et un abonnement annuel se ferait résilier en saison des pluies. Un pass de saison encaisse d'avance et supprime le risque de résiliation.
La formule à sessions plutôt que l'illimité. Palma Jetski vend un nombre de sorties par mois, pas un accès illimité. Cela protège la flotte de l'usure, rend l'usure prévisible, et permet de servir plus de membres avec le même nombre de machines.
Le trou qui persiste : aucun de ces clubs ne publie son ratio de membres par machine. Notre hypothèse de dix vient du bateau, pas du jet-ski. Or une sortie de jet-ski est plus courte qu'une sortie en bateau, ce qui plaide pour un ratio plus élevé, mais l'usure est plus rapide, ce qui plaide pour l'inverse. C'est une question à poser directement à l'un de ces clubs : un courrier à Akwa Marina ou à New Wave coûte cinq minutes.
C'est la première question que pose n'importe qui : à cinquante pour cinq machines, est-ce que ça ne va pas coincer ? La réponse est oui, mais seulement à un moment précis de la semaine, et c'est ce moment qui dicte toute la grille tarifaire.
| Mesure | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Créneaux par jour et par machine | sorties de deux heures, avec le temps de check-in | 3 |
| Sorties possibles par semaine | 5 machines x 3 créneaux x 7 jours | 105 |
| Demande de 50 membres à deux sorties par mois | 100 sorties par mois | 23 par semaine |
| Taux d'occupation moyen | 22 % | |
| Sorties possibles le week-end seul | 5 machines x 3 créneaux x 2 jours | 30 |
| Si tout le monde veut le week-end | 80 % de la demande sur deux jours | rupture |
En moyenne, la capacité est très largement suffisante. Personne ne veut sortir le mardi à quatorze heures. Tout le monde veut le samedi matin, et le samedi n'offre que quinze créneaux.
Promettre un accès libre à cinquante personnes sur cinq machines, c'est promettre des samedis en rupture et passer ses week-ends à refuser des gens qui payent. Aucun club au monde ne vend un accès week-end illimité au tarif d'entrée. Ils vendent tous un nombre de sessions par mois, avec un quota week-end séparé du quota semaine.
Onze clubs ont été épluchés, règlements et conditions générales en main, dont quatre en jet-ski pur. Trois mécanismes reviennent partout, et un quatrième n'existe nulle part.
| Club | Créneau | Réservations en cours | Quota | Absence non prévenue |
|---|---|---|---|---|
| Palma Jetski, Majorque jet-ski pur | 4 créneaux fixes de 3 h | 2 maximum | 2 week-end par mois, quel que soit le palier | non publié |
| New Wave, Angleterre jet-ski pur | créneaux de 4 h | non publié | 2 week-end + 4 semaine par mois | non publié |
| Akwa Marina, New Hampshire jet-ski pur | 4 créneaux de 2 h, chaînables | 4 glissantes | illimité, forfait saison | non publié |
| Freedom Boat Club 400 clubs, bateaux | demi-journée | 4 glissantes, jusqu'à 6 mois | selon le franchisé | 50 $ chez le franchisé de Tampa |
| Carefree et JetRide | demi-journée | 1 par créneau | selon le palier payé | 100 $, 60 min de grâce |
Ce qui n'existe nulle part : la file d'attente et l'ancienneté. Aucun de ces clubs n'accorde de priorité à un membre parce qu'il est là depuis plus longtemps, et aucun ne fait de tirage au sort. La seule « priorité » du secteur, c'est le palier tarifaire payé. Tout le reste est régulé par deux nombres : combien de réservations on peut avoir en cours, et combien de créneaux week-end par mois.
| Règle | Le chiffre | Pourquoi celui-là |
|---|---|---|
| Durée d'un créneau | 3 h | C'est la durée de Majorque, le seul club jet-ski pur qui publie la sienne. Trois créneaux par jour et par machine, check-in compris. |
| Réservations en cours | 2 | La règle la plus serrée du secteur, et la bonne ici : à quatre, un membre motivé bloque une grosse part du calendrier de la saison dès l'inscription. Elle se renouvelle dès qu'une sortie est consommée. |
| Créneaux week-end | 2 / mois | Deux clubs jet-ski indépendants tombent sur le même chiffre, et Majorque le maintient à 2 même sur son palier haut où tout le reste double. C'est le seuil stable du métier. |
| Ouverture du calendrier | 30 à 60 j | Pas six mois. Sur cinq machines, un horizon long fige le planning trop tôt et empêche de suivre la météo, contrainte bien plus forte ici qu'en marina abritée. |
| Annulation | 24 h | Gratuite au-delà, créneau perdu en deçà. Deux clubs convergent sur ce seuil. Inutile de compliquer pour cinq machines. |
| Absence non prévenue | 10 000 XPF | Entre les 5 500 de Tampa et les 11 000 de Carefree, prélevés sur le moyen de paiement enregistré, 30 minutes de grâce. Un créneau raté prive deux autres membres, il ne peut pas être gratuit. |
| Priorité | aucune | Premier arrivé, premier servi. Inventer une file d'attente serait une nouveauté que personne n'a testée, et le quota fait déjà le travail. |
Il faut le dire franchement, parce que toute l'économie repose dessus. Aucun club de jet-ski au monde ne publie son ratio de membres par machine. Ni Majorque, ni l'Angleterre, ni le New Hampshire, ni aucun des quatre clubs jet-ski purs examinés. Ils ne communiquent qu'en langage vague, « on ne survend jamais une session ».
Le 10 pour 1 vient du bateau : c'est le repère générique du secteur, et il se recoupe en divisant les chiffres publics de Freedom Boat Club, 60 000 adhésions pour 6 000 bateaux. Un concurrent revendique de se tenir sous 8 pour 1 et accuse le marché d'être à 12 ou 15, mais c'est un argument de vente.
Ce que ça change concrètement : on part à 10 pour 1 faute de mieux, et on audite le remplissage chaque mois dès le premier jour. Si plus de 90 % des créneaux week-end sont pris une semaine à l'avance, on gèle les inscriptions avant d'atteindre cinquante. C'est exactement la pratique affichée par le club le plus prudent du secteur, et ça vaut mieux que de faire confiance à un chiffre emprunté à un autre métier.
Toute cette mécanique est un logiciel de réservation avec des quotas et des créneaux. C'est exactement ton métier, et c'est ce qu'aucun autre loueur de la place ne saura construire.
C'est le paramètre le plus structurant du dossier, et il ne saute pas aux yeux : selon l'option retenue, le coût annuel du lieu va de zéro à près de cinq millions de francs. Sur une marge de sept millions, ce n'est pas un détail de mise en oeuvre, c'est ce qui décide si le modèle tient.
| Option | Coût | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| Sans base fixe véhicule et remorque |
2 000 000 à 3 800 000 une seule fois |
recommandé Aucun loyer. Le Titre II de l'arrêté, celui de la location, n'exige ni bail ni siège fixe, contrairement au régime du convoi. Tu livres, tu fais le check-in sur place, tu remballes. |
| Slipway de Taapuna Punaauia |
quasi gratuit à l'usage |
à confirmer Premier slipway communal de Polynésie, 203 millions XPF financés par la commune en 2021. C'est la seule rampe publique documentée sur toute la côte ouest, de Papeete à Papara. |
| Local de stockage, Papeete | 320 000 par mois | 297 m², soit 1 077 XPF le mètre carré. Annonce réelle relevée. 3 840 000 XPF par an. |
| Local bord de route, Faa'a | 400 000 par mois | 110 m². Plus cher au mètre carré. 4 800 000 XPF par an, soit les deux tiers de la marge. |
| Ponton jet-ski, Marina Taina | 17 500 par mois | à éviter maintenant Tarif officiel attractif, mais la délégation de gestion des marinas a été annulée par le juge des référés le 26 octobre 2025 et aucun gestionnaire n'a été désigné depuis. S'engager aujourd'hui, c'est signer avec personne. |
Peut-on exercer une activité commerciale depuis une rampe de mise à l'eau publique ? Le principe de non gratuité de toute occupation commerciale du domaine public s'applique par défaut, et aucune exemption écrite n'a été trouvée pour un simple usage sans installation.
Si la réponse est oui, le modèle sans base fixe fonctionne et le coût du lieu tombe à zéro. Si elle est non, il faut négocier une redevance, site par site. Cela se tranche par écrit auprès de la mairie de Punaauia et de la direction des affaires foncières, et cela vaut plus que n'importe quelle comparaison de loyers.
Corrigeons une idée trop rapide : livrer les machines supprime le bail au bord de l'eau, pas le besoin d'un point de mise à l'eau. Le modèle existe et fonctionne, avec une dizaine d'opérateurs identifiés aux États-Unis et en Australie. Mais il remplace un loyer par des autorisations à négocier site par site, un entrepôt, des remorques et la même assurance.
Bonne nouvelle en revanche : chez eux, la livraison se vend plus cher, de une fois et demie à deux fois le tarif sur place, ou 250 dollars aller-retour par machine. Ce n'est pas un coût à absorber, c'est une ligne de revenu.
Cinq machines à dix membres par machine demandent cinquante membres. Sur trente mille titulaires du permis aux Îles du Vent, cela représente moins de deux personnes sur mille. Ce ratio est emprunté au bateau et audité tous les mois, pour la raison expliquée plus haut.
| Formule | Par mois | Ce que le membre obtient |
|---|---|---|
| Semaine | 14 900 | sorties du lundi au vendredi à volonté, dans la limite des créneaux, plus une sortie de week-end par mois |
| Week-end | 26 900 | quatre sorties par mois, dont deux le samedi ou le dimanche |
| Premium | 39 900 | accès aux machines haut de gamme, priorité de réservation, quatre sorties par mois dont trois en week-end |
| Caution, remboursable | 50 000 | couvre la casse, et donne de la trésorerie sans être perçue comme un prix |
La formule premium existe pour une raison précise : une machine haut de gamme se loue plus cher qu'une machine d'entrée de gamme, donc elle finance les autres. Elle reste très en dessous du marché mondial, où l'offre de Sea-Doo tourne autour de 82 000 à 102 500 XPF par mois.
Il n'y a pas de droit d'entrée. Les cent mille francs envisagés au départ étaient le premier frein du projet : la moitié d'un salaire minimum avant la première sortie. Les deux clubs américains les plus aboutis, Akwa Marina et Eastern Watersports, n'en demandent aucun. La caution donne la même avance de trésorerie sans fermer la porte.
Payer six ou douze mois d'avance, avec un mensuel plus cher au prorata, c'est la bonne intuition. Elle vaut ici plus qu'ailleurs, et pour une raison que le calendrier impose : la saison nautique va de mai à octobre. Un pass de six mois, c'est exactement la saison. Un pass de douze mois fait payer l'hiver au moment où le membre a envie de rouler, pas au moment où il pleut.
| Formule | Au mois | Pass saison, 6 mois -10 % | Pass année, 12 mois -18 % |
|---|---|---|---|
| Semaine | 14 900 | 80 400 | 146 600 |
| Week-end | 26 900 | 145 200 | 264 600 |
| Premium | 39 900 | 215 400 | 392 600 |
La décote de 10 à 18 % vient des deux secteurs qui pratiquent ça depuis trente ans, les salles de sport, entre 15 et 25 %, et les box de stockage, entre 10 et 20 %. Le nautique, lui, est timide : le club anglais ne donne que 5 %, ce qui ne décide personne. Un club américain va jusqu'à 20 % mais sur deux ans.
Le simulateur donne l'optimum, et il n'est pas là où on l'attend : la trésorerie à trois ans est la meilleure autour de la moitié des membres en pass, 23 millions, contre 20 si personne n'en prend et 19,6 si tout le monde en prend. Au-delà de la moitié, la remise coûte plus que ce que la rétention rapporte. Un pass proposé, pas imposé.
Ce que ça rapporte n'est pas la remise, c'est la rétention. Sur les abonnements en général, l'engagement annuel retient environ 92 % des clients à douze mois contre 68 % au mensuel. L'essentiel de l'écart ne vient même pas de la fidélité : il vient des cartes bancaires qui échouent onze fois de moins.
Deux réserves, et elles sont réelles. Aucun club nautique au monde ne rend son mensuel volontairement plus cher que le prorata du pass. Ils décotent le long, sans punir le court. Tu serais sur un terrain que le métier n'a pas testé, emprunté à la salle de sport. Ce n'est pas une raison de renoncer, c'est une raison de ne pas prétendre qu'un précédent existe.
Et encaisser six à douze mois d'avance crée une dette envers le membre. Plusieurs législations imposent aux clubs de loisir de placer ces sommes sur un compte séparé au-delà de trois mois encaissés, précisément parce que le client porte le risque de faillite. Le point n'a pas été vérifié pour la Polynésie. La règle de prudence, elle, ne dépend d'aucun texte : l'argent d'un pass n'est pas de la trésorerie, c'est du service encore dû.
| Ligne | XPF par an | Note |
|---|---|---|
| Abonnements semaine, 30 à 14 900 | +5 364 000 | |
| Abonnements week-end, 20 à 26 900 | +6 456 000 | le récurrent, l'actif réel |
| Cautions encaissées, 50 x 50 000 | +2 500 000 | trésorerie, pas du revenu : c'est remboursable |
| Entretien, assurance, stockage, gestion | -3 000 000 | estimé |
| Carburant | 0 | à la charge du membre |
| Marge brute | ~8 820 000 | avant usure de la flotte |
| Décote de la flotte, première année | -1 500 000 | 22 % sur le neuf, 8 à 10 % sur l'occasion |
| Marge réelle, année 1 | ~7 320 000 | ~8 120 000 les années suivantes |
Le carburant qui dévorait 33 000 XPF par sortie dans le modèle touristique sort du compte : dans un club, c'est le membre qui fait le plein. À lui seul, ce basculement change la nature du business.
| Montage | Dépense | Aide AEPE | À financer |
|---|---|---|---|
| Cinq machines d'occasion | 9 500 000 | 0 | 9 500 000 |
| Cinq machines neuves | 14 000 000 | 3 000 000 | 11 000 000 |
| Deux neuves et trois d'occasion | 8 900 000 | 2 800 000 | 6 100 000 |
L'aide ne porte que sur les équipements neufs : environ six millions de neuf suffisent à saturer le plafond de trois millions. Au delà, plus rien n'est subventionné et l'occasion redevient plus maligne. Le reste se finance par un prêt SOFIDEP à 2 %, qui demande 10 % d'apport.
Les deux prix sont des hypothèses. Aucun comparable polynésien n'existe puisque le marché n'existe pas. Toute l'économie ci-dessus repose dessus, et c'est ce que le test sert à mesurer. Repère utile : rapportés à un salaire minimum d'environ 200 000 XPF par mois, 14 900 pèsent 7 % d'un SMIG et 26 900 en pèsent 13 %.
La saison nautique va de mai à octobre. L'usage chute en saison des pluies, et un abonnement mensuel se résilie en novembre. C'est ce que le pass saison corrige : il fait payer les six mois utiles d'un bloc, avant qu'ils commencent. Reste que ce report ne s'invente pas, il se vend, et personne ne l'a encore acheté ici.
C'est la solution la plus simple au problème le plus courant de ce genre de projet : comment profiter de son matériel sans se mettre en faute.
Les machines haut de gamme sont dans la flotte, pas à côté. Toi et ton associé prenez un abonnement premium comme n'importe quel membre, avec la priorité de réservation qui va avec.
Résultat : tu roules sur la belle machine quand tu veux, elle est subventionnable et amortissable puisqu'elle est vraiment exploitée, elle rapporte quand tu n'es pas dessus, et l'argent de ton abonnement rentre dans ta propre société. Il ne sort pas de ton patrimoine, il change de poche.
Parce que trois choses se retournent contre toi en même temps.
| Si la machine est achetée par la société mais jamais louée | Ce qui arrive |
|---|---|
| L'aide AEPE finance des équipements professionnels | Le texte prévoit le remboursement total si l'aide est utilisée à d'autres fins que celles déclarées. |
| Un bien de société utilisé à titre privé | Devient un avantage en nature à déclarer, et sa déductibilité peut sauter. |
| L'assurance est souscrite en usage commercial | Une machine assurée pour un usage et utilisée pour un autre, c'est la garantie qui tombe le jour de l'accident. |
La machine « de rechange » qui dort ne rapporte rien, coûte de l'assurance, et fragilise tout le dossier. La même machine en formule premium fait exactement l'inverse.
| Quand tu sors | Ce que ça prend | Coût réel |
|---|---|---|
| En semaine | Un créneau sur les 60 % qui restent vides | zéro La machine est là, l'assurance est payée, personne ne la voulait. |
| Le week-end | Un créneau sur les 30 du samedi et dimanche | ton abonnement le paye Tu occupes une place que tu as achetée, comme les autres. |
| Avec des amis | Autant de créneaux que de machines sorties | à cadrer Prévoir des places invitées dans la formule premium plutôt que de les prendre en douce. |
Faire approuver ton abonnement par Manutea, sans voter toi-même. Un contrat entre la société et son dirigeant est une convention dite réglementée : elle passe au vote des associés, et l'intéressé ne prend pas part au vote. Dix minutes une fois. C'est ce qui fait la différence entre un usage transparent et un abus de biens sociaux, dont le seuil n'est pas un montant mais la mauvaise foi : un usage ponctuel suffit déjà si la société s'appauvrit en silence.
Tenir le carnet. Chaque sortie personnelle est réservée dans le logiciel comme celle d'un membre, au même tarif. C'est la trace qui prouve que la société n'a rien perdu.
Un point pour le comptable, et un seul : payer un abonnement à sa propre société augmente son résultat imposable, alors que déclarer un avantage en nature déplace l'imposition sur toi. Les deux voies sont propres, l'une coûte moins que l'autre selon les montants.
Le vrai luxe reste le même : avec cinq machines, tu sors à cinq. Un propriétaire de jet-ski sort seul, ou paye la location pour ses amis.
L'idée était simple : Manutea sur le terrain, toi au back-office, et la responsabilité qui suit celui qui est sur l'eau. Le partage des tâches est bon. Le transfert de responsabilité, lui, ne fonctionne pas comme ça, et il vaut mieux le savoir maintenant qu'après.
La délégation de pouvoir, le mécanisme qui fait porter la faute pénale à celui qui tient le terrain, exige un lien de subordination : un patron délègue à son subordonné. Entre deux associés à parts égales, il n'y a pas de supérieur, donc pas de délégation valable, ni dans un sens ni dans l'autre. La Cour de cassation l'a tranché sur de la cogérance à égalité.
Et même en admettant l'inverse, Manutea est infirmier salarié ailleurs : il ne peut pas exercer un contrôle réel sur des départs auxquels il n'assiste pas la plupart du temps. On lui ferait porter un risque pénal sans lui donner la main pour s'en protéger. C'est le déplacer, pas le réduire.
| Ce qu'on voulait faire | Ce qui tient réellement |
|---|---|
| Toi associé sans titre, donc hors du champ | ne tient pas Développer le logiciel, porter le marketing, gérer les clients et décider au quotidien, c'est le portrait exact du dirigeant de fait, avec les mêmes peines que le gérant en titre. Pire : un back-office laisse les preuves les plus faciles à produire, les journaux, les comptes, les mails. |
| Manutea gérant en titre, toi à l'abri derrière | ne tient pas Un juge cherche qui décidait vraiment, pas ce qui est écrit au registre. Tu restes exposé, et lui aussi. |
| Toi gérant, assumé | la voie propre Coût zéro, et ça ferme la porte au procès du « montage ». Le sujet devient alors : comment limiter la responsabilité de celui qui gère, ce que traite la section suivante. |
| Un salarié à qui déléguer la sécurité | quand il y aura du volume Un chef de base réellement embauché, compétent, avec le pouvoir d'annuler une sortie et les moyens de contrôler : c'est le seul destinataire valable d'une délégation. À cinq machines et un check-in par sortie, ce poste n'existe pas encore. |
Rien de tout cela n'invalide votre répartition. Elle change simplement de nature : ce n'est pas un partage de responsabilité juridique, c'est un partage de travail et de capital.
| Toi | Manutea | |
|---|---|---|
| Statut | gérant, ou président | associé apporteur, sans fonction de direction |
| Ce qu'il fait | réservations, logiciel, adhésions, comptabilité, relation membres | présence terrain, check-in, entretien avec son père mécanicien, solidité du dossier bancaire |
| Son exposition | complète, assumée, et couverte par ce qui suit | limitée à son apport, tant qu'il ne se met pas à diriger. C'est le seul point à surveiller : s'il commence à arbitrer les prix, les investissements et les embauches, il devient dirigeant de fait à son tour. |
Le vrai apport de Manutea au dossier n'est pas juridique. C'est un atelier dans la famille sur un métier où la panne coûte une journée de location, et un profil salarié stable en face d'un banquier. Ça, personne ne peut te le remplacer.
Trois couches, et une seule est gratuite. Aucune ne s'appelle « clause de non-responsabilité ».
La loi du pays du 11 août 2016 sur la protection des consommateurs, et l'arrêté qui la précise, rendent non écrites les clauses qui suppriment ou réduisent le droit à réparation du client. Le papier signé « je renonce à tout recours » ne vaut rien. Le contrat, lui, reste valable : c'est seulement la clause qui tombe.
Ce qui te défend le jour de l'accident, ce n'est pas une clause, c'est de démontrer que tu as fait ce qu'il fallait. Or le logiciel de réservation produit cette preuve tout seul, à chaque sortie, sans que personne y pense.
| La preuve à constituer | Qui la produit |
|---|---|
| La déclaration signée du locataire, exigée par l'article 5 de l'arrêté | signature sur l'écran au check-in, horodatée, contresignée |
| Le permis mer en cours de validité | photo de la pièce, une fois, rattachée à l'adhésion |
| L'état de la machine au départ et au retour | photos horodatées, faites en trente secondes |
| Le briefing sécurité, ce qui a été dit et à qui | case cochée nommément, avec l'heure |
| L'entretien de la flotte | carnet par machine, alimenté par l'atelier |
Un loueur qui sort ces cinq pièces devant un juge n'est plus dans la même position que celui qui n'a qu'un contrat papier signé à la va-vite. C'est l'avantage réel de faire ça avec un logiciel plutôt qu'un carnet.
Le contrat plaisance grand public ne couvre pas la location, et c'est écrit noir sur blanc. Les conditions générales d'un grand assureur, lues en entier, excluent « les dommages résultant de la location ou de l'utilisation rémunérée, même occasionnelle » du bateau assuré. Et l'extension jet-ski qui existe ne couvre que les randonnées accompagnées : elle dit expressément que « le jet-ski loué » n'est pas couvert. C'est exactement l'inverse de notre régime.
Il faut donc un contrat de responsabilité civile professionnelle d'exploitation nautique, chez un courtier spécialisé et pas au rayon plaisance d'un généraliste. C'est aussi la pièce que l'article 4 de l'arrêté exige au dossier d'agrément : sans elle, pas d'autorisation.
| Ce qui est assurable | Ce qui ne l'est jamais |
|---|---|
| La responsabilité envers les tiers, les conducteurs et les passagers loués | L'amende pénale elle-même, quelle que soit la police |
| Les dommages à la flotte, vol, incendie, avarie | La faute intentionnelle |
| L'accident corporel du client, même s'il est responsable | Une sortie en zone interdite, ou sans permis valable |
| Les frais d'avocat, en civil comme en pénal | Une exploitation sans agrément valide, qui fait tomber la garantie |
Le budget assurance est le trou le plus sérieux de ce dossier. Aucun devis réel pour cinq machines en location commerciale en Polynésie n'a pu être trouvé, et deux recherches indépendantes ont échoué. Les prix affichés en ligne, entre 80 et 600 € par an, concernent des jet-skis privés et ne s'appliquent pas ici. Un ordre de grandeur de 120 000 à 350 000 XPF par an circule sans être vérifiable. C'est un appel à passer, pas un chiffre à inscrire.
Elle ne protège de rien au pénal. La responsabilité pénale est personnelle et ne se déplace jamais vers une structure. La forme règle la gouvernance, le régime social et le coût, rien d'autre.
| SARL | SAS | |
|---|---|---|
| Capital minimum | libre en principe à confirmer localement | 200 000 XPF depuis la loi du pays du 7 septembre 2021, contre 4 415 274 avant |
| Régime social du dirigeant | gérant majoritaire au régime des non-salariés, 9,84 % | président au régime général des salariés, depuis 2021 seulement en Polynésie |
| Souplesse | cadre légal rigide, mais standard et lisible pour une banque | gouvernance sur mesure, utile si un investisseur entre plus tard |
| Rédaction | peu coûteuse | honoraires plus élevés |
Point à connaître parce qu'il piège les conseils venus de métropole : jusqu'en 2021, le président de SAS cotisait en Polynésie au régime des non-salariés, à l'inverse de la métropole, par simple absence de texte. C'est corrigé depuis. Un conseil qui raisonne sur des habitudes métropolitaines antérieures se trompera.
Séparer la propriété des machines de leur exploitation, en deux sociétés, est un montage classique. Il est disproportionné ici : deux comptabilités, deux liasses, deux fois les frais, pour protéger un actif encore modeste, et aucun effet sur le risque pénal qui est le vrai sujet. À revoir quand la flotte grossira.
| Dispositif | Ce qu'il donne | Statut |
|---|---|---|
| AEPE, DGAE | 50 % des dépenses hors taxes, plafond 3 000 000 XPF, versée en totalité | éligible, neuf seulement Seule dépense non éligible selon le texte : celle engagée avant le dépôt. Ne rien acheter avant. |
| SOFIDEP, prêt PACE | 1 à 5 M XPF, taux 2 %, 1 à 7 ans, différé jusqu'à 24 mois, sans frais de dossier, apport 10 % | éligible |
| Initiative Polynésie | prêt d'honneur à 0 %, sert d'apport personnel | éligible |
| SOGEFOM | garantit 80 % du crédit en création | éligible |
| AIJD | 30 % des investissements TTC, plafond 6 M XPF | sous conditions moins de 35 ans et diplôme bac+5 en rapport |
| Défiscalisation locale | 30 à 40 % de la base éligible | probablement exclu les secteurs listés visent les bateaux sous licence par navire, jamais le VNM |
À l'import, le jet-ski tombe dans la position douanière résiduelle 8903.99.90 : droit de douane 8 % (6 % origine européenne), TVA 16 %, TEAP 2 %, péage 1,25 %, SETIL au poids, CPS-douane 1 %, et pas de taxe de développement local, contrairement à d'autres catégories de bateaux.
Une seule chose n'est pas prouvée, et c'est la plus importante : le prix que les gens accepteraient de payer. Personne n'a jamais vendu ça en Polynésie, donc aucun comparable n'existe. L'absence d'offre ne prouve pas la demande, elle prouve seulement que personne n'a essayé.
Cela se teste sans acheter une seule machine : une page qui présente le club et ses tarifs, de la publicité ciblée sur les Îles du Vent, et on mesure les pré-inscriptions réelles à plusieurs niveaux de prix.
Le seuil est arithmétique : il faut cinquante membres. Si une campagne sérieuse n'en rassemble pas une dizaine en intention déclarée, le marché a répondu, et la réponse aura coûté une page web au lieu de neuf millions de francs.
Le projet de départ, et les pistes explorées puis détruites. Elles restent ici pour qu'on ne les repropose pas.
Avant de s'en tenir au club, cinq concepts ont été produits par trois penseurs travaillant sous contraintes volontairement incompatibles, puis soumis à deux destructeurs indépendants : un investisseur chargé de trouver la faille fatale et de calculer la taille réelle du marché, et un juriste polynésien chargé de vérifier la légalité des montages. Aucun n'a survécu.
| Piste | L'idée | Ce qui l'a tuée |
|---|---|---|
| Le registre des places | Une plateforme de mise en relation entre titulaires d'autorisations nautiques et repreneurs, en pariant sur la raréfaction organisée par les fermetures de lagons. | tuée L'agrément n'est pas cessible. Il est délivré à une personne morale identifiée, le texte parle de renouvellement et jamais de transmission, et la location-gérance transfère l'exploitation sans l'autorisation. Il n'y a rien à vendre. Marché résiduel estimé à 1,5 à 5 M XPF par an de toute façon. |
| Lagon OS | Un logiciel de gestion du lagon (quotas, capacité, suivi) vendu aux communes, à commencer par celles qui veulent leur propre plan de gestion. | tuée deux fois SeaSketch existe déjà, gratuit, open source, financé par des bailleurs internationaux, et déployé à Fidji, Samoa, Kiribati et Vanuatu. Et la cible était fausse : la gestion du lagon est une compétence du Pays, la commune n'ayant qu'un avis consultatif. |
| Passeport bleu | Une application de traçabilité offerte aux opérateurs contre leurs données, revendue aux assureurs en dossier de souscription accéléré. | tuée Démarrage à deux faces, et une contradiction interne : aucun assureur RC nautique local n'a jamais été trouvé dans toute cette étude. L'acheteur est hypothétique. En prime, toucher une commission sur des primes relève de l'intermédiation en assurance, régime encadré depuis la loi du pays du 2 juillet 2024. |
| Distribution exclusive d'e-foils | Devenir l'importateur exclusif d'une marque australienne d'e-foils pour la Polynésie, avec son modèle d'école clé en main. | tuée La prémisse était fausse : un concurrent distribue déjà en Polynésie et une école y opère. La marque recrute des revendeurs marine établis, ce qui désigne l'acteur historique local. Et un e-foil de 4 à 6 kW dépasse le seuil de 3 kW : il est pleinement un véhicule nautique à moteur, sans aucun des allègements recherchés. |
| Vendre la sortie du jet-ski | Trois variantes travaillant pour les opposants : rendre l'activité inassurable, racheter des licences pour les retirer, créer un marché de compensation de nuisance. | écartée Intellectuellement solides, mais elles font du porteur l'ennemi déclaré du métier qu'il veut exercer, dans une communauté de 280 000 personnes. Contradiction frontale avec l'objectif. |
Trois penseurs aux contraintes opposées, l'un privé de toute technologie, l'autre ne travaillant que pour les opposants au jet-ski, le troisième n'acceptant que ce qui prend de la valeur tout seul, ont convergé vers la même conclusion : le client rentable n'est pas le touriste, c'est l'opérateur et l'institution. Aucune de leurs idées n'a survécu au test, mais la direction est notée.
Et une leçon de méthode, payée deux fois dans cette étude : une affirmation du type « personne ne le fait » doit être vérifiée avant d'être bâtie dessus. Elle s'est révélée fausse pour le logiciel de lagon comme pour la distribution d'e-foils.
Le PGEM de Moorea institue un comité de gestion de l'espace maritime, quinze membres, présidé par le maire, où siègent élus, pêcheurs et professionnels. Le PGEM impose le passage par son avis dans plusieurs procédures d'autorisation. Voici ses positions de principe, publiées par la commune :
« Nouvelle activité Jet Ski : Le CGEM émettra systématiquement un avis défavorable pour toutes nouvelles activités nautiques impliquant des jet-ski. »
« Nouveau véhicule nautique : Le CGEM émettra systématiquement un avis défavorable pour tous projets d'acquisition d'un nouveau véhicule nautique sauf véhicule de remplacement. »
« Nouvelle activité approche des baleines : avis défavorable systématique. »
Commune de Moorea-Maiao, 2ᵉ séminaire 2025 du CGEM, 26 mars 2025, mairie de Teavaro
« Excursion raie et requins : avis défavorable systématique. »
Ce n'est pas un arrêté publié au journal officiel, et il faut le dire honnêtement : c'est une position de gouvernance, pas une interdiction légale. Mais le mot « systématiquement » signifie que le comité a renoncé à instruire au cas par cas. Et la clause « sauf véhicule de remplacement » dit exactement qui est visé : les opérateurs déjà installés renouvellent leur flotte, un nouvel entrant n'a aucune voie.
Cette même clause dessine en creux la seule façon d'exister à Moorea : reprendre un opérateur existant, avec son agrément, son itinéraire approuvé et ses avis. Ce que le comité ferme, c'est la création, pas la transmission.
Le PGEM révisé, approuvé par l'arrêté n° 2009 CM du 10 septembre 2021, exclut nommément les véhicules nautiques à moteur de plusieurs zones. Le texte a été lu intégralement par reconnaissance optique, le PDF officiel ayant un encodage cassé.
Les deux baies exclues sont précisément les deux images de Moorea. Le produit devrait donc se construire en dehors de ce que le client vient chercher. Et le PGEM ne crée aucune zone dédiée à la circulation des jet-skis : un itinéraire ne s'appuie sur rien de positif, il se faufile entre des interdictions.
La saison des baleines à bosse (20 juillet au 20 novembre) recouvre la haute saison touristique, mais un produit « jet-ski et observation des baleines » est légalement impossible dans le lagon. L'idée est à écarter, pas à optimiser.
Le cadre vient de l'arrêté n° 1097 CM du 17 juillet 2009 consolidé. Un touriste n'ayant pas le permis, tout passe par le convoi encadré, et le convoi impose un guide diplômé sur l'eau.
Deux tiers de la recette partent en essence et en commission avant le premier coût fixe. Avec un guide salarié, il faut 220 sorties pleines par an pour couvrir les charges, sans rien amortir ni se payer. Or le marché du jet-ski à Moorea, reconstruit par deux chemins indépendants, situe un opérateur entre 5 et 20 M XPF par an. Le point mort tombe au niveau de celui qui a quinze ans d'avis et les accords hôteliers. C'est prendre sa ligne d'arrivée comme point de départ.
| Art. | Ce que le texte impose | Ce que ça change |
|---|---|---|
| 2 | Navigation de jour uniquement | Pas de sortie au crépuscule, fenêtre courte |
| 7 | Quatre machines maximum par guide | L'échelle s'achète en salariés rares |
| 7 | Au delà de 300 m du rivage, moins de 15 nœuds, 30 m entre engins | Ni vitesse, ni sensation, ni proximité du récif |
| 8 | La machine du guide doit être plus puissante, deux places, VHF | La machine la plus chère ne rapporte rien |
| 9 | Le guide cumule brevet de navigation professionnel et brevet de surveillant aquatique | 3 780 000 XPF par an, ou vous êtes sur l'eau tous les jours |
| 10 | Itinéraire soumis à l'avis des communes, la DPAM peut le refuser | La commune a un droit de veto de fait |
Ce qui reste vrai quel que soit le modèle, et ce que ce dossier ne prouve pas.
Ce climat vise le jet-ski en tant que tel, pas seulement l'activité touristique. Un club de résidents à Tahiti n'y échappe pas par principe : il devra soigner ses horaires, ses zones et son voisinage.
Haapiti, 4 janvier 2022 : une adolescente de 17 ans, passagère à l'arrière d'un jet-ski de 250 chevaux, est gravement blessée par le jet de la turbine. Neuf opérations, séquelles irréversibles. Le conducteur a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour blessures involontaires. Le contexte était privé, mais deux choses sont établies : la justice polynésienne poursuit et condamne, et il existe un mécanisme de blessure propre au jet-ski que tout contrat de location doit couvrir.
À retenir aussi : la réforme de 2016 du code civil n'est pas étendue à la Polynésie. La qualification exacte des obligations de l'exploitant relève d'un avocat du barreau de Papeete, elle ne se transpose pas automatiquement de la métropole.
Le verdict a été soumis à une relecture adversariale par un second modèle, avec pour consigne de l'attaquer et non de le valider. Trois objections ont été retenues et corrigées.
La correction de cadrage la plus utile est celle-ci : rien ici ne démontre que le jet-ski est une mauvaise affaire dans l'absolu. Ce qui est démontré, c'est qu'une activité touristique guidée est impossible à ouvrir à Moorea aujourd'hui, et qu'elle serait peu rentable pour un porteur qui n'est pas lui-même le guide. Ce ne sont pas les mêmes affirmations.
Ces points n'ont pas pu être établis, et ils sont déclarés comme tels plutôt qu'estimés silencieusement.
Une IA juridique interrogée sur ce dossier a rendu une réponse détaillée, bien écrite, avec une confiance affichée de 0,76 et zéro source. Elle citait des « herbiers de posidonie », une plante méditerranéenne qui n'existe pas en Polynésie, et attribuait à un texte réel des articles inventés. Sa réponse a été écartée intégralement. Rien dans ce dossier n'en provient.